Tandem Scène Nationale - Rien n'est su
Mis en scène par Audrey Bonnet, le texte bouleversant de Sabine Garrigues, né de la perte de sa fille au Bataclan en 2015, devient un chant polyphonique porté par huit jeunes interprètes. Une œuvre de transmission qui dit l’absence et parle de résilience. Audrey Bonnet porte à la scène le texte de Sabine Garrigues, un premier livre écrit au fil des ans après l’attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan. Ce texte, en vers libres, délivre une langue poétique, hantée par la perte, la sidération et la nécessité de vivre ou de survivre. Plutôt qu’un seule-en-scène, Audrey Bonnet a choisi de distribuer à huit jeunes comédiens et comédiennes issus d’une génération marquée dans son enfance par ces attaques. Devenant les passeurs de la parole d’une mère, ces jeunes adultes s’approprient aussi leur réalité. Ainsi démultipliée, cette voix transcende la réalité d’un drame indicible et donne à entendre des impressions personnelles et les questionnements collectifs. Dan Levy compose pour le spectacle une partition où vibrations et résonances intérieures s’entrechoquent et s’enlacent, tandis que la scénographie d’Yves Godin favorise la proximité des acteurs avec le public. Au-delà du drame, rien n’est su fait acte de transmission et de mémoire. La puissance du langage vient rompre la solitude, le théâtre devient lieu de rassemblement.
2 novembre 2026
Tandem Scène Nationale - Salma, Mon amour
Salma, Mon Amour met en scène la vie d’une riche famille égyptienne dont le destin sombre peu à peu dans le chaos. Une tragédie de l’intime aux prises avec les aveuglements politiques et moraux de notre époque. Metteur en scène et dramaturge, Ahmed El Attar est l’une des voix du théâtre arabophone contemporain qui porte. Présentés dans de nombreux festivals et théâtres à l'international, ses spectacles explorent avec acuité les mécanismes de la domination sociale et familiale. Dans Salma, Mon Amour, une famille égyptienne aisée s’affaire à organiser un mariage stratégique avec une grande famille industrielle américaine. Mais dans ce monde où priment l’argent et le pouvoir, les ruses et les relations ambiguës viendront tout bouleverser. Tandis que les siens se pressent de protéger leurs intérêts, Salma, jeune femme de la génération Z, est véritablement touchée. Lui apparaissent alors les compromis moraux qui relient sa famille à l’actualité. Sur les réseaux sociaux, les prises de position de la jeune femme la marginalisent ; elle se voit rejetée. En trois actes, ponctués d’intermèdes visuels et musicaux, la pièce installe une tension croissante. À travers l’effondrement de cette famille, Ahmed El Attar signe une fable politique implacable sur l’aveuglement et la responsabilité de chacun face aux drames qui se déroulent sous nos yeux. Spectacle en arabe et en anglais avec surtitres en français
8 novembre 2026
DouaiTandem Scène Nationale - La vie de ma mère
Après avoir entrainé son père dans un exercice de funambule pour Tombouctou, Olivier Debelhoir s’empare de son pendant féminin avec un spectacle intitulé La Vie de ma mère. Musiques, acrobaties, jeux de mots et objets du quotidien s’entremêleront dans ce nouvel opus prometteur de tous les possibles. Habituée au jeu en plein air, sous chapiteau, ou même sous une yourte dans Un soir chez Boris que TANDEM propose également cette saison, la Compagnie d’un Ours s’installe pour la première fois dans l’espace clos, et quelque peu solennel, d’un théâtre. Olivier Debelhoir et ses partenaires y convoquent pourtant un joyeux inventaire à la Prévert : un chevalier, un ours qui pêche, un accordéon qui joue du Bowie, trois bouts de bois, un piano, un vélo… D’équilibres précaires en prises de parole risquées, à chaque instant, tout peut s’effondrer. La Vie de ma mère explore les limites du corps, du langage, du regard et de la scène, sans craindre ni le silence, ni les ratages. L’air de rien, à force de trouvailles scéniques et musicales, avec un goût pour le vertige jamais bien loin, quelque chose d’un opéra-comique hors normes se forme sous nos yeux.
15 novembre 2026
DouaiTandem Scène Nationale - Wolf
La compagnie australienne Circa, dirigée par Yaron Lifschitz, débarque à TANDEM avec son Wolf pour explorer la sauvagerie de nos instincts. Dix artistes circassiens bondissent et se provoquent dans des chorégraphies acrobatiques défiant la gravité. Véritable meute, les dix acrobates de Wolf transforment la scène en un territoire de jeu animal et d’expérimentation sauvage. Ils sautent, se jettent les uns sur les autres, s’escaladent, se propulsent ou s’assurent mutuellement l’équilibre dans des numéros où chaos et complicité se croisent. Les costumes sculpturaux de Libby McDonnell et les rythmes bestiaux de DJ Ori Lichtik accentuent l’énergie d’un spectacle qui explore la figure du loup, sa nature irréductible et indomptable. Dans cette suite de tableaux, le désordre initial laisse place aux mouvements collectifs, puissance et délicatesse s’entrelacent, toujours avec humour. Par son engagement intense, Wolf montre la beauté farouche des corps, la poésie des forces instinctives et la dynamique d’un groupe. Acclamé par le public et la critique, Wolf est une expérience circassienne viscérale, qui montre les crocs !
20 novembre 2026
Tandem Scène Nationale - Mahabharata, une histoire de la violence
Le Mahabharata est une immense épopée indienne transmise depuis plus de 2000 ans. Le récit des conflits et des haines entre deux clans rivaux dessine un véritable conte initiatique, avec sa part de merveilleux. Choisissant de confier ce monument littéraire à huit comédiennes, la metteuse en scène Pauline Bayle donne corps à un mythe sans équivalent. Pauline Bayle, directrice du Théâtre Public de Montreuil, aime les épopées. Après L’Illiade et L’Odyssée d’Homère, Illusions perdues de Balzac ou Écrire sa vie d’après Virginia Woolf, elle adapte un texte fondateur de la culture indienne. Elle intitule son adaptation, Mahabharata, une histoire de la violence, et, alors que la guerre se raconte souvent comme une affaire d’hommes, se dote d’une distribution exclusivement féminine. Huit comédiennes incarnent une multiplicité de personnages aux prises avec une violence politique et morale saisissante, dans une palette d’émotions aussi intenses que contraires. Le conte suit le destin de deux familles, les Pandava et les Kaurawa, jetés à corps perdus dans un conflit aux résonances universelles. La violence n’y est jamais glorifiée, mais devient pour chacun et chacune source de révélation. Par leurs choix, leurs actions ou leurs renoncements, les personnages façonnent leur « dharma », leur « juste place » dans le monde. Composant un univers à la fois contemporain et intemporel, décor, costumes et musiques accompagnent les affrontements collectifs tout en soulignant les tensions intimes qui déchirent les personnages. Le spectacle de Pauline Bayle révèle la puissance d’un mythe originel de l’humanité et offre une inoubliable expérience collective, un écho à l’éternelle fragilité du monde.
25 novembre 2026